« Créer des opportunités, façonner l'avenir » — Un dialogue sur le développement
Depuis vingt ans, DACHSER et l'organisation de défense des droits de l'enfant Terre des Hommes unissent leurs forces pour promouvoir le développement et l'égalité des chances dans les pays du Sud. Pour célébrer cet anniversaire, l'événement « Créer des opportunités, façonner l'avenir : impulsions pour un engagement stratégique dans les pays du Sud » s'est tenu au nouveau DACHSER Network Campus de Kempten.
Quelque 600 représentants du monde économique, de la sphère politique et de la société civile se sont réunis, sur place et par livestream, pour débattre du rôle des entreprises dans un monde globalisé. Sur invitation de Bernhard Simon, Président du Conseil de surveillance, et de Burkhard Eling, Directeur général de DACHSER, les intervenants comprenaient le Dr. Gerd Müller, Directeur général de l'ONUDI ; le Dr. Wolfgang Stefinger, Président de la commission de la coopération économique et du développement au Bundestag allemand ; ainsi que Joshua Hofert, Directeur exécutif de Terre des Hommes. La modération était assurée par Markus Raffler, Rédacteur en chef du quotidien régional Allgäuer Zeitung.
Supply chains : entre mondialisation et responsabilité
Les supply chains mondiales structurent notre quotidien et fondent nos activités économiques. Elles révèlent aussi le lien indissociable entre performance économique et responsabilité sociale, particulièrement dans le secteur de la logistique. « La mondialisation est le moteur de notre activité », déclare Bernhard Simon, Président du Conseil de surveillance de DACHSER. « Elle emporte avec elle une responsabilité envers les conditions de vie des populations, aujourd'hui comme demain. »
« La mondialisation est le moteur de notre activité. Elle emporte avec elle une responsabilité envers les conditions de vie des populations, aujourd'hui comme demain. »
Ce débat se déroule dans un contexte marqué par une incertitude grandissante : effritement de la confiance envers les institutions, isolement social, retrait des acteurs publics de la coopération au développement. Pour Simon, les entreprises font face à des responsabilités nouvelles. DACHSER se définit comme un « Corporate Citizen+ » : une entreprise mondiale qui assume délibérément sa responsabilité envers les populations vulnérables et marginalisées, crée des structures et ouvre des voies vers l'égalité des chances.
De l'aide humanitaire au développement durable
Vingt ans de partenariat avec Terre des Hommes incarnent ce que peut être un engagement d'entreprise dans les faits. Né d'un premier projet lancé au lendemain du tsunami de l'océan Indien, le 26 décembre 2004, cette collaboration s'est construite dans la durée pour couvrir aujourd'hui des projets dans plus d'une douzaine de pays, auxquels DACHSER consacre chaque année environ trois millions d'euros. Au cœur de cette démarche : un changement de regard, qui tourne le dos à l'aide d'urgence pour favoriser un développement durable et structurel. « Nous ne construisons pas seulement des écoles », résume Simon. « Nous donnons aux gens les moyens d'être acteurs de leur propre destin. »
Perspectives du terrain et des politiques
Joshua Hofert, Directeur exécutif de Terre des Hommes, a identifié trois conditions du succès : privilégier la stratégie sur la communication, construire des partenariats fondés sur l'égalité, et s'inscrire dans la durée. Pour bâtir un «monde plus humain», il faut parfois savoir « aller à contre-courant ». Un principe plus nécessaire que jamais, à l'heure où les dons se raréfient et où les crises mondiales s'accumulent.
Le Dr. Gerd Müller, Directeur général de l'ONUDI et ancien ministre fédéral de la Coopération économique et du Développement, a placé le sujet dans son contexte mondial. Les supply chains, a-t-il rappelé, ne sont pas que des structures économiques : ce sont aussi des systèmes sociaux, dont la conception doit être guidée par la dignité humaine et l'exigence de durabilité. Les marchés dynamiques des pays du Sud recèlent par ailleurs d'immenses opportunités, à condition d'aborder le développement dans un véritable esprit de partenariat.
Le Dr. Wolfgang Stefinger, Président de la commission de la coopération économique et du développement au Bundestag allemand, a lui aussi insisté sur le rôle croissant de la coopération internationale dans un monde de plus en plus fragmenté. Les approches purement nationales ne sont plus à la hauteur des défis globaux. « Tout est lié », a-t-il affirmé, que ce soit sur le plan économique, politique ou social.
Un projet mené en Zambie a illustré concrètement ce que peut être le travail de développement au quotidien. Christoph Meyer, chef de projet chez DACHSER, et Lara Kühn, de l'association de gestion des déchets ZAK de Kempten à Sonthofen, ont présenté un projet phare de DACHSER et Terre des Hommes : Trash4Cash, une startup florissante de la ville zambienne de Livingstone, née d'un échange de jeunes lancé en 2019. Le principe : collecter des déchets recyclables, les trier, puis les commercialiser comme matières premières. Portée par un fort esprit d'entreprise et une grande détermination, l'équipe zambienne en a fait une véritable activité pérenne, qui vient d'inaugurer son propre centre de recyclage et a pu, notamment grâce au soutien de l'ONUDI, mettre en service son premier camion.
Construire l'avenir par la collaboration et l'engagement
En conclusion, Thomas Hiemer, Directeur financier de DACHSER, s'exprimant au nom du Directoire, a mis en avant ce qui ancre l'entreprise dans cette démarche. DACHSER est un prestataire logistique profondément ancré dans sa région tout en rayonnant à l'échelle mondiale. « D'ici, nous envoyons des signaux vers le monde ; et dans le même temps, nous invitons le monde à venir nous rendre visite à Kempten. » L'approche centrée sur l'humain et l’engagement sociétal de l'entreprise découlent de l'identité même de cette entreprise familiale et de ses valeurs fondatrices. « Conjuguer l'ancrage local et l'ouverture au monde, c'est quelque chose que nous, les Allgäuers, savons faire », a déclaré Hiemer. Dans cet esprit, l'extension actuelle du siège social, qui accueillait l'événement, a été conçue de manière délibérément participative, pour en faire un lieu de rencontre et d'échange.
Au terme de la soirée, une conviction s'est imposée : le développement mondial n'est pas un objectif abstrait, mais le résultat d'actions concrètes. Les entreprises peuvent y jouer un rôle actif, et elles le doivent. Markus Raffler, Rédacteur en chef de l'Allgäuer Zeitung et modérateur de la soirée, a conclu en ces termes : « Quand activité économique, engagement social et coopération internationale convergent, le résultat est supérieur à la somme de ses parties. Naît alors la possibilité de façonner activement l'avenir, et d'ouvrir des perspectives qui dépassent largement le cadre de sa propre entreprise. »