La Belgique, plaque tournante logistique de l'Europe
Embouteillages, hausse des coûts, ports congestionnés : la logistique belge est sous pression. Et pourtant, pour de nombreuses supply chains européennes, la Belgique reste l'un des emplacements les plus stratégiques du continent. Comment expliquer ce paradoxe ?
Il suffit de tracer un cercle de 500 kilomètres autour du pays pour comprendre pourquoi : Amsterdam, Rotterdam, la Ruhr, le sud de l'Angleterre, le nord de la France et Paris s'y trouvent tous. Cette zone concentre à elle seule environ 60 % du pouvoir d'achat européen, selon Flanders Investment & Trade, l'agence flamande pour le commerce extérieur et les investissements étrangers.
Cinq cents kilomètres, cela reste abstrait, jusqu'à ce qu'on les convertisse en temps de trajet. C'est à peu près la distance qu'un chauffeur peut parcourir en une journée, dans le respect des temps de conduite et de repos européens, chargement et déchargement compris. Ce qui quitte un entrepôt belge aujourd'hui peut donc arriver chez la moitié des clients européens dès le lendemain. Pour une entreprise qui veut servir ses clients rapidement, cet avantage pèse lourd.
Cette position stratégique se vérifie aussi dans les faits. Le secteur considère depuis longtemps la Belgique comme l'un des sites logistiques les plus attractifs d'Europe. Le pays dispose en outre d'un des réseaux autoroutiers les plus denses du continent. Selon les chiffres d'Eurostat, les réseaux autoroutiers les plus denses d'Europe se trouvaient en 2024 surtout en Belgique, en Allemagne et aux Pays-Bas. Les distances entre les entreprises, les ports et les passages frontaliers y sont courtes, et plusieurs itinéraires mènent vers la plupart des destinations.
DACHSER est active en Belgique depuis 1975, où elle exploite deux business lines, European Logistics et Food Logistics, avec une offre de services en constante expansion. L'entreprise opère depuis plusieurs sites, dont Willebroek et Mouscron sont les principaux. Ces deux implantations ont été choisies stratégiquement pour tirer pleinement parti des atouts logistiques de la Belgique. Willebroek se situe dans la zone portuaire d'Anvers, Mouscron à la frontière française. Cette répartition géographique assure une couverture de l'ensemble du territoire belge, avec des délais de transit courts et flexibles et des liaisons directes vers le reste de l'Europe, où que se trouve le client. DACHSER dispose en outre de sites logistiques à Wevelgem et à Manage, axés sur le Contract Logistics. L'ensemble de ces implantations ancre la Belgique dans le réseau de groupage européen de DACHSER, qui relie chaque jour près de 267 sites dans 35 pays grâce à des liaisons régulières.
Une position sous pression
Malgré cette position géographique favorable et sa réputation bien établie dans le secteur logistique, la Belgique a vu certaines tensions apparaître ces dernières années. On pense notamment au réseau routier, mais aussi aux coûts.
Comme évoqué plus haut, la Belgique dispose d'un des réseaux routiers les plus denses d'Europe. Sur le papier, c'est un atout majeur, mais sur les axes les plus fréquentés, il montre ses limites. Autour d'Anvers et de Bruxelles, la circulation est régulièrement à l'arrêt. En 2024, un automobiliste a perdu en moyenne 65 heures dans les embouteillages à Bruxelles et 64 heures à Anvers, selon les chiffres du bureau spécialisé INRIX. Pour la logistique, où les transports doivent respecter des horaires précis, ce temps perdu représente un vrai problème.
Le port d'Anvers-Bruges, moteur d'une grande partie de la logistique belge depuis des années, ressent lui aussi cette pression. Les terminaux à conteneurs sont confrontés à des pics de congestion, ce qui allonge parfois les délais pour les navires et les marchandises. Une partie de ces marchandises poursuit ensuite son trajet par la route, ce qui fait que la pression portuaire se répercute aussi sur le transport routier.
Les coûts entrent également en jeu. Le personnel et le matériel ne sont pas bon marché en Belgique, et cela se fait sentir dans un secteur où les marges sont serrées. La différence se joue alors dans la façon d'organiser son travail.
Malgré cette position géographique favorable et sa réputation bien établie dans le secteur logistique, la Belgique a vu certaines tensions apparaître ces dernières années.
Ce type de tensions n'a rien d'inhabituel : dans un secteur aussi dynamique que la logistique, les conditions changeantes font partie du jeu. Pour un prestataire logistique, l'enjeu est d'absorber ces variations sans que l'opération en pâtisse, ce qui exige une organisation stable et une solide expérience du terrain. Chez DACHSER Belgique, cela se reflète dans la façon de travailler. Les liaisons régulières partent à heures fixes, avec des créneaux de départ qui tiennent compte de la densité du trafic sur les axes principaux, afin que les envois restent connectés au réseau européen. La position de Willebroek dans la zone portuaire d'Anvers permet de limiter les distances de pré- et post-acheminement, un atout quand le trafic portuaire se bloque. Et parce que les envois de différents clients sont regroupés, via le vaste réseau de groupage européen de DACHSER, en trajets optimisés, les coûts par envoi restent compétitifs.
Investir pour le long terme
Les difficultés actuelles sont réelles, mais elles ne signifient pas pour autant que la Belgique a perdu sa place sur la carte logistique. Les autorités belges travaillent d'ailleurs activement à résoudre ces problèmes. Autour d'Anvers, l'Oosterweelverbinding doit fluidifier la circulation sur le ring, tandis qu'au port d'Anvers-Bruges, le projet Extra Containercapaciteit Antwerpen vise à créer plus d'espace pour réduire la congestion sur les terminaux. Des projets qui doivent garantir que la Belgique reste, à l'avenir aussi, un maillon essentiel de la logistique européenne.
Dans un secteur en perpétuel mouvement, la continuité et la fiabilité font toute la différence. Pour DACHSER, les fluctuations ne sont donc pas une raison de changer de cap. En tant qu'entreprise familiale, elle n'est pas soumise à la pression trimestrielle des actionnaires, ce qui lui laisse la liberté d'adopter une vision à long terme : continuer à investir, même dans les périodes plus difficiles. Cela se reflète aussi dans les sites belges, où l'on investit en permanence dans les collaborateurs, la durabilité et le fonctionnement quotidien. DACHSER Belgique continue ainsi d'investir dans la durabilité de ses opérations, aussi bien au niveau des infrastructures que de l'électrification de sa flotte. Le résultat : un service stable et tourné vers l'avenir, sur lequel les clients peuvent compter, quelles que soient les circonstances.