Le vol de fret : un combat permanent

Les criminels ciblent le secteur de la logistique et les vols de fret sont en hausse. Une vigilance de tous les instants s'impose : lors de l'attribution et du traitement des envois, durent le service de planification, mais aussi lors des chargements directs chez les clients. Avec un concept de sécurité solide et des formations régulières, DACHSER assure une protection efficace contre le vol.

Un cadenas sur le verrou : une mesure simple mais efficace contre le vol de fret.
Un cadenas sur le verrou : une mesure simple mais efficace contre le vol de fret.

Café, cuivre, fromage, articles de sport ou smartphones : tout peut être volé. Même des camions entiers disparaissent. Rien qu'en Allemagne, on en recense près de 26 000 par an selon l'Association allemande des assureurs. Le préjudice s'élève à environ 1,3 milliard d'euros par an, auxquels s'ajoutent quelque 900 millions d'euros de coûts indirects. « Rien n'est vraiment à l'abri du vol », confirme Stephan Wnuck, Department Head Damage Prevention & Data Quality chez DACHSER. « Même un chargement complet de beurre peut disparaître », témoigne l’homme de 49 ans. Depuis de nombreuses années, il s'investit activement dans la sécurité routière, d'abord au controlling, puis comme chef d'équipe, et depuis trois ans à la tête du département damage prevention.

Le vol de fret n'est plus l'œuvre d'individus isolés, mais de bandes criminelles organisées. Elles entrent dans le pays le lundi, ciblent méthodiquement certaines régions et entreprises, et repartent vers la fin de la semaine avec leur butin. Entre-temps, elles frappent sur les aires de repos et les stations pour poids lourds, forçant les véhicules et lacérant les bâches.

L'Allemagne est l'un des hotspot, aux côtés de la France, de l'Italie, de l'Espagne et du Royaume-Uni. C'est ce que montrent les données de la TAPA (Transported Asset Protection Association), l'association professionnelle de lutte contre le vol de fret, qui s'est engagée à garantir le niveau de sécurité le plus élevé possible dans la supply chain.

Le vol prend de nombreuses formes. Les lacérateurs de bâches qui sévissent sur les aires de repos sont toujours actifs, mais les arnaques se multiplient elles aussi dans le secteur : des individus qui utilisent de faux noms et de fausses identités pour s'approprier des marchandises. Ces malfaiteurs ne recourent ni au pied-de-biche ni au couteau, mais avec l’internet et, de plus en plus, à l'intelligence artificielle (IA). Ils opèrent sur les plateformes de fret et dans les boîtes mail, avec de fausses adresses e-mail ressemblant à s'y méprendre à celles de vrais transporteurs.

Ces phantom carriers, ou faux transporteurs, se font passer pour des entreprises sérieuses, alors qu'ils ne cherchent qu'à voler les marchandises. L'Association allemande des assureurs a enregistré 88 déclarations de sinistres liées à des phantom carriers dans le secteur logistique au cours des sept premiers mois de 2025, soit autant que l'année précédente. Le préjudice moyen par cas s'élève à près de 200 000 euros. Ce problème concerne également le Benelux : selon les chiffres de la Stichting Fraude Aanpak Voertuigcriminaliteit (AVC) et de l'Inspectie Leefomgeving en Transport (ILT), le préjudice causé par les phantom carriers est estimé à 350 millions d'euros par an. Leur approche se faisant de plus en plus sophistiquée, les planificateurs peuvent facilement en être victimes dans l'agitation du quotidien. Plus que jamais, il est donc essentiel de vérifier avec qui on fait affaire.

Informer et sensibiliser les clients

C'est là qu'intervient DACHSER avec ses mesures de sécurité et ses formations. Celles-ci concernent en premier lieu la formation des propres collaborateurs. Mais Stephan Wnuck tient aussi à sensibiliser les clients au phénomène des phantom carriers. Tous les donneurs d'ordre n'ont pas sécurisé leurs dépôts avec des clôtures, des gardiens ou des caméras de surveillance. « C'est là que nous pouvons apporter notre soutien », explique l'expert en sécurité. Il recommande également vivement aux clients de vérifier, lors de tout chargement direct, quel transporteur, quelle plaque d'immatriculation et quel chauffeur se présentent.

Se fier uniquement à un numéro de référence ne suffit plus. Il est indispensable de confronter les données avec celles du transporteur contractuel. Il est également tout à fait légitime de demander à voir la pièce d'identité du chauffeur. Les donneurs d'ordre peuvent se protéger davantage : il existe déjà des systèmes permettant de stocker numériquement une carte d'identité dans le respect de la législation sur les données, explique Stephan Wnuck. Il juge également utile d'examiner attentivement le véhicule et ses documents de bord. « La vérification des documents du véhicule à l'aide du numéro de châssis du camion qui se présente peut aussi faire partie du contrôle. »

Se fier uniquement à un numéro de référence ne suffit plus. Il est indispensable de confronter les données avec celles du transporteur contractuel.

 

Il est par ailleurs important de disposer des coordonnées des autorités et de tous les acteurs du transport, afin de pouvoir réagir rapidement en cas de problème. Car comme le dit aussi l'expert Wnuck : « Malheureusement, la certitude à cent pour cent n'existe pas. Mais nous pouvons compliquer la tâche aux criminels. » Il est lui-même en contact avec les autorités, notamment le Landesamt für Kriminalität de Saxe-Anhalt, qui a mis en place une task force « Cargo » pour lutter contre les voleurs.

Depuis dix ans, il échange également avec d'autres transitaires au sein de la Commission de sécurité logistique de l'Association fédérale allemande de la logistique. Les représentants des entreprises participantes y partagent des cas concrets et les évaluent de manière anonyme. La commission élabore aussi des recommandations et des stratégies pour faire face au phénomène des phantom carriers.

La surveillance par caméra fait partie des mesures que les donneurs d'ordre peuvent mettre en place pour sécuriser leur dépôt.
La surveillance par caméra fait partie des mesures que les donneurs d'ordre peuvent mettre en place pour sécuriser leur dépôt.

N'utiliser les freight exchanges qu'à titre exceptionnel

L'expert DACHSER Wnuck cite deux exemples qui illustrent la tension entre sécurité et rapidité dans laquelle les agents de transit évoluent au quotidien. Au sein de l'entreprise, la règle est claire : les freight exchanges ne sont utilisés qu'à titre exceptionnel. Pendant les Black Weeks et autour de Pâques et de Noël, lorsque les retailers génèrent une demande considérable grâce à leurs campagnes promotionnelles, la capacité de chargement contractuellement réservée peut elle aussi venir à manquer. Les planificateurs n'ont alors parfois d'autre choix que d'acheter de la capacité sur le marché ou via des freight exchanges.

DACHSER applique également une politique de stationnement sur des parkings sécurisés. Les responsables de chaque site évaluent régulièrement la situation sur place. Et le constat est clair : « Il existe de grandes différences entre les parkings sécurisés. » Stephan Wnuck évoque un parking soi-disant sécurisé où des voleurs ont réussi à accéder aux camions garés par l'arrière, en passant par un pré. Lorsqu'un terrain n'est clôturé qu'à l'avant, les mesures de sécurité sont pour ainsi dire inopérantes.

Sur le plan technique, les marchandises peuvent déjà être bien protégées, explique ce spécialiste en transit et gestion du trafic, par exemple grâce à un équipage de deux personnes ou à un verrouillage des portes arrière suivi par GPS. Ces mesures impliquent toutefois des coûts supplémentaires importants. C'est pourquoi DACHSER mise sur des partenaires de service fiables et de longue date, ainsi que sur l'utilisation de sa propre flotte pour les missions de transport.

Par ailleurs, pour le traitement de marchandises de valeur ou de produits particulièrement exposés au vol au-delà d'un certain seuil, les collaborateurs sont tenus de soumettre un high-value request ou de suivre le protocole de sécurité correspondant. Ils doivent d'abord obtenir le feu vert du siège de Kempten ; la confirmation d'assurance du partenaire de service et le choix des parkings sur le trajet sont alors vérifiés.

Et parce que les criminels ne manquent pas d'imagination pour s'emparer des marchandises, les planificateurs doivent rester constamment informés. Une à deux fois par an, ils participent à des formations internes et en ligne, avec des contenus, des chiffres et des thématiques toujours renouvelés. Car plus les bandes organisées font preuve d'énergie criminelle, plus il est important de savoir leur faire face.

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