Renaturation d'une tourbière : chausser les bottes pour le climat

En partenariat avec MyClimate et ZukunftMoor, DACHSER lance un projet de protection du climat à long terme en Basse-Saxe. Par la remise en eau de la tourbière et la culture de sphaignes, un puits naturel de CO2 est remis en activité, tout en ouvrant la voie à un nouveau modèle d'agriculture durable.
Projet de protection du climat de DACHSER, myclimate et ZukunftMoor en Basse-Saxe
Projet de protection du climat de DACHSER, myclimate et ZukunftMoor en Basse-Saxe

Par ce matin de fin mars, la plaine du nord de l'Allemagne nous accueille avec un temps digne d'avril : ciel couvert, vent froid et averses de pluie, entrecoupées de rares éclaircies. Pourtant, les visages des personnes rassemblées ici rayonnent de joie. DACHSER et ses partenaires, la fondation myclimate et ZukunftMoor Gnarrenburg GmbH, ont invité leurs hôtes à Gnarrenburg, une commune de 9 000 habitants située dans l'arrondissement de Rotenburg, en Basse-Saxe. L'occasion est particulière : la cérémonie de lancement du projet Corporate Citizen+ « Remise en eau de la tourbière de Langenhausen ».

Une journée dans la boue, un engagement sur le long terme

La participation active est au programme, mais ici, pas question d'avancer sans bottes : le sol cède sous les pieds avec un bruit de succion, et l'eau stagne dans les creux du terrain. Quiconque vient prêter main-forte doit accepter de patauger dans la boue et avancer prudemment pour ne pas rester coincé. C'est exactement ce que font aujourd'hui toutes les personnes présentes : Bernhard Simon, Président du Conseil de surveillance de DACHSER, des membres de la famille des actionnaires, ainsi que Burkhard Eling (CEO) et Stefan Hohm (CDO) au nom du conseil de direction. Les rejoignent des directeurs d'agences et des stagiaires venus de Brême, Hambourg et Hanovre, des représentants des partenaires myclimate et ZukunftMoor, ainsi que des collègues du département Corporate Sustainability, qui coordonne le projet au sein de DACHSER.

La tourbière et son histoire font partie intégrante de la culture locale. Elle a été drainée dès le XVIIIe siècle et est principalement utilisée comme pâturage pour les vaches laitières.

« La motivation et l'engagement, notamment de nos jeunes collègues et de nos partenaires locaux, sont impressionnants. Quand les générations travaillent ainsi côte à côte, on obtient des résultats concrets. Mais c'est aussi, et surtout, le reflet d'une culture de la durabilité dans notre entreprise, qui va bien au-delà de ce seul projet », déclare Burkhard Eling, CEO de DACHSER, qui s'affaire visiblement avec plaisir aux côtés de son collègue Stefan Hohm pour semer des sphaignes. Ce qui commence ici s'inscrit dans un projet de protection du climat à long terme : la remise en eau d'une tourbière drainée de près de 12 hectares, soit l'équivalent d'environ 16 terrains de football ou d'une grande agence DACHSER.

De gauche à droite : Stefan Hohm, Chief Development Officer (CDO), et Burkhard Eling, CEO de DACHSER.
De gauche à droite : Stefan Hohm, Chief Development Officer (CDO), et Burkhard Eling, CEO de DACHSER.

Un levier climatique sous-estimé

Les tourbières comptent parmi les puits de carbone naturels les plus efficaces de la planète. Bien qu'elles ne couvrent qu'environ 3 % des terres émergées, elles stockent deux fois plus de carbone que l'ensemble des forêts mondiales. Mais lorsqu'une tourbière est drainée, cet effet s'inverse : le carbone accumulé au fil des siècles se libère, et ce à une échelle considérable. En Allemagne, ce phénomène représente à lui seul environ 7 % des émissions annuelles de gaz à effet de serre. Selon le « Mooratlas » publié par la fondation Heinrich Böll, l'exploitation des tourbières drainées à des fins agricoles — avec des rendements pourtant faibles — génère 25 fois plus d'émissions de gaz à effet de serre que le trafic aérien intérieur allemand.

La tourbière et son histoire font partie intégrante de la culture locale. Elle a été drainée dès le XVIIIe siècle et est principalement utilisée comme pâturage pour les vaches laitières.

Le Langenhausen Moor avait lui aussi été drainé sur plusieurs décennies à des fins agricoles, avec des rendements comparativement faibles, qui diminuent d'année en année jusqu'à s'épuiser. Résultat : des émissions continues qui s'accumulent sur le long terme. Selon les calculs de ZukunftMoor, plus de 2 000 tonnes d'équivalents CO₂ sont actuellement rejetées chaque année sur le site du projet. Sans intervention, ce processus se poursuivrait pendant des siècles.

Remettre l'eau, stopper les émissions

La solution est aussi simple qu'efficace : l'eau revient. Les systèmes de drainage sont démantelés, le niveau de l'eau est relevé et la zone est remise en eau. Cela interrompt le processus de décomposition — et la tourbière peut reprendre sa fonction première de puits de carbone. La remise en eau est également essentielle pour favoriser la biodiversité et développer une filière agricole locale durable.

Le projet repose sur un concept innovant qui associe protection du climat et exploitation des terres : la paludiculture. Ce terme vient du latin « palus », qui signifie « marais », et désigne l'utilisation agricole et forestière des zones humides ou remises en eau. Concrètement, dans le Langenhausen Moor, on cultive de la sphaigne — une mousse qui sert d'alternative écologique à la tourbe dans l'industrie des substrats. Cela crée non seulement un puits de carbone efficace, mais offre aussi des débouchés économiques pour les agriculteurs locaux.

Cette approche permet de concilier intérêts écologiques et économiques. « La sphaigne a le potentiel de remplacer la tourbe, dont l'utilisation est néfaste pour le climat — une étape importante au regard de l'abandon progressif prévu par l'Union européenne d'ici 2030 », déclare Julia Kasper, co-fondatrice et managing director de ZukunftMoor.

Stefan Hohm, qui en tant que Chief Development Officer (CDO) est notamment responsable de la recherche et développement et de l'innovation chez DACHSER, souligne l'ampleur du projet : « Après la renaturation, les émissions de CO2e évitées sur ce site seront équivalentes à celles générées par 14 millions de kilomètres parcourus par des poids lourds. » L'ensemble constitue un modèle qui montre comment les projets de protection du climat peuvent être mis à l'échelle et intégrés dans des structures économiques existantes.

Dans le Langenhausen Moor, un drone est utilisé pour disperser de la sphaigne.
Dans le Langenhausen Moor, un drone est utilisé pour disperser de la sphaigne.

Agir ensemble pour l'avenir

Pour DACHSER, l'engagement en faveur du Langenhausen Moor s'inscrit dans le programme Corporate Citizen+, une conception élargie de l'engagement à long terme sur les plans social et climatique, qui va au-delà du cœur de métier. « Avec notre programme Corporate Citizen+, nous voulons apporter une contribution durable à la protection de l'environnement et du climat, au-delà des actions de communication et des certifications », déclare Bernhard Simon.

Le projet du Langenhausen Moor relie l'identité et les racines allemandes de DACHSER à cet engagement mondial en faveur de meilleures conditions de vie et d'une plus grande stabilité. Il illustre une nouvelle forme d'utilisation des terres, qui associe protection du climat, préservation des ressources et création de valeur à l'échelle locale. « La remise en eau d'une tourbière n'est pas une solution rapide, mais un investissement durable dans l'avenir. La durée de 50 ans du projet témoigne de cette vision à long terme », explique Simon. « Les générations futures bénéficieront de ce que nous avons mis en mouvement aujourd'hui. »

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